Aber vrac'h - Camaret - vendredi 27 mai
7h00 en ce vendredi matin et j'émerge de mon duvet.
Benoit est en avant, derriere la porte. Dominique couche sous le pont, a l'arriere. Chacun a son coin. Super.
Nous
nous sommes amarré hier soir a un quai au port de l'Aber-vrac'h. L 'arrivée fut belle à zigzaguer dans cet espèce de fjord. Un aber c'est
comme une langue de mer qui s'enfonce dans la terre. Mais à matin, une
fois le déjeuner englouti et que je sors dehors ...
..la
purée de pois. On ne voit pas à plus de 50 metres. Ça va pas être
évident sortir de cet aber. En tout cas on se prépare et a 9h00 on s 'élance. Le skipper a son téléphone en main et surveille
sa route sur son écran. La carte affiché sur celui ci lui montre ou
passer. Un petit triangle rouge symbolise notre bateau. Un trait rouge
en avant montre notre cap. De l'eau partout. Tien il vire à gauche.
Bizarre, rien d'anormal autour de nous pourtant. Tout est uniforme. Mais
oui regarde une balise sors de la brume juste sur notre droite. Peinte
en jaune en haut puis noir puis jaune. C'est une balise ouest. Elle est à
l'ouest du danger. Bon on se repére en vitesse, ou est le nord? OK on
la laisse bien à droite. C'est bien la route. On aurait continué tout
droit on finissait dans les cailloux. Ce qui me surprend un peu, c'est
qu'en ce matin brumeux et plutôt frisquet, il y a des petits bateaux de
pêcheurs un peu partout. Tien, regarde à droite, 2 kayakistes qui
pêchent. Faut vraiment être mordu coût donc. Ce serait plutôt une
matinée à rester au lit. Et on continue ainsi, téléphone en main, au
moteur, pour sortir de la. La mer tout autour. On voit toujours rien. On
met les voiles? On a le vent dans le nez. Attendons de sortir de ce
couloir. Prochaine bouée la juste devant, il faut la laisser sur notre
gauche. Cap au 250 on devrait arriver dessus. Mais non, la marée monte
et va nous faire dériver. Prenons plus à droite. Et effectivement, 15
minutes plus tard, elle émerge la ou on l'attendait.
Eh, regardez la bas à gauche, un maudit gros cailloux. Mais non ça bouge.
Un
gros voilier coût donc. Un bateau fantôme dans ce brouillard? J' espère
que ce n est pas celui de Barbe rouge et Triple pattes, les pirates
d'Asterix et Obélix. En tout cas il passe dernière nous, comme un
spectre en chasse. On ne l intéressé pas j imagine.
On
passe enfin notre dernière bouée et on vire à gauche. Ça y est on va
vers la pointe de la Bretagne. Vitesse 3 nœuds. 15 miles à faire. On en a
pour 5 heures avant d'arriver au phare du chenal du four. Sur notre
gauche on voit émerger régulièrement de gros rochers. Noirs dans ce
brouillard. Sentinelles de granit qui protègent la côte, défient le
temps et la mer. Ça veut dire va tout droit mon ami, n'approche pas
trop.
De
temps en temps on croise des bandes d' oiseaux posées sur l'au. Fou de
bassan, guillemot, et quelques mouettes bien sur, qui s'envolent à notre
approche. Il devait y avoir un banc de poissons pas loin, car on les
voyaient plonger de temps à autre. Le temps s'écoule doucement dans cet
environnement comateux. Et tout d'un coup, ça y est, notre phare est la,
la tête dans les nuages.
On
vire encore à gauche, ça y est, chenal du four; On longe la pointe nord
de la Bretagne. Le Québec est la bas sur ma droite. Enfin le ciel
commence à se dégager. Il est 13h00. On fait du 6 nœuds au compteur. Mon
GPS me dit 4. On a 2 nœuds de courant dans le nez. Ah ces courants. Ces
balises. .. c est un peu tout ca que je suis content de connaître. Tout
un apprentissage.
C'est pas croyable. Je tourne autour de la pointe de la Bretagne.
J'aurais jamais pensé qu'un jour ... je serais là. Puis la brume
disparaît enfin. Sur la côte, toute proche finalement, les falaises
noires alternes avec les plages de sable blanc.
Dernière
balise la bas, puis on vire encore à gauche pour aller s'amarrer a
Camaret. Le soleil sors enfin. On grille. Chapeau. On enleve le ciré,
enfin. Je vais me rendre compte en arrivant que j'ai pris des couleurs.
Et la crème solaire va commencer à prendre du service. On décide de
monter le spi. Le vent est favorable. Et on s'essaie à virer de bord
pour le faire changer de côté. Il faut bien se pratiquer aux manœuvres
et le temps est idéal pour ça. Bon à vrai dire on merde un peu. C'est
pas ça. On fini par abandonner. On reverra notre manuel.
Aller
le port est pas loin. On va y passer 2 nuits. Demain repos avant la
grande traversée. Matinée de samedi, quelques bricolages au menu et
rando en après midi. Match de foot en soirée. Et dimanche on s élance
pour 2 à 3 jours de mer non stop. On est pret ....
Allez, le rêve continu. On en profite à plein même si parfois on a l'estomac un peu à l'envers. XxX
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