lundi 1er août - vers la pointe de la Bretagne - Audierne
On a bien dormi. Accroché aux autres bateaux ça bougeait quasiment pas. Le ciel est encore gris à matin. Et Dominique pars avec l'annexe acheter du pain. Bientôt 8h00.
On vient du bas de l'image. On doit passer la pointe du raz (en bas à droite). Comme on le voit, PM Brest - quand la mer est haute à Brest - le courant (flèche bleue) est contre nous. Et il peut atteindre 3 noeuds. Et c'est de même tant que la mer baisse. La Manche se vide.
12h00 et nous voila à traverser les îles des Glénans.
Le petit port s'éveille. Il est plein de bateaux cordés les uns à côté des autres. On se demande si il y a une sorte de chenal pour y entrer tellement c'est plein.
Tien. Ça y est. Le boulanger arrive. Allez souques mon gars. L'eau est chaude. Un café t'attend. Comble du luxe. Ce sera baguette fraîche et croissant à matin.
9h00 et nous voila de nouveau en mer. Elle est ben ben plate à matin. Pas un souffle. Ouais journée moteur en vue quoi. Ça va être monotone. On va lire. Regarder la côte toute proche ...
Alors comme on a le temps on commence à regarder pour les jours à venir. Tu te dis. J'ai des voiles. Il y a de l'eau. Un peu de vent. Et hop on pars. Effectivement tu as raison. Mais vas tu avancer? Ah ... comment ça avancer? Ben si le vent me pousse ça devrait non! Ben la mon ami tu es en Bretagne. Et ici ce n'est pas toujours si simple. C'est qu'il y a des marées dans le coin. Ça peut engendrer des courants plus ou moins fort. Et si tu as l'impression d'avancer en surface, comme la mer recule (ou avance selon le sens de la marée) ben ton bateau peut, par rapport à la terre, guère avancer. Et la pointe de la Bretagne est un cas un peu compliqué à ce sujet. La Manche (mer entre France et Angleterre) est étroite et peu profonde. Quand la marée monte en Manche, l'Atlantique s'y déverse. C'est un peu comme vider une casserole d'eau dans un évier. Il se crée un courant de malade qui peut atteindre jusqu'à 8 noeuds par endroit. 8 noeuds c'est énorme. Nous autres quand on arrive à dépasser les 6 noeuds on est tout content. Et ça dure le temps d'une marée. 6 heures quoi. Bref entre en Manche quand la marée monte. Ça va t'aider. Quand elle descend, ben tu es aussi bien de rester au port. Alors aujourd'hui tout ca est cartographié. Encore faut il le savoir bien sur. Alors en image.
On vient du bas de l'image. On doit passer la pointe du raz (en bas à droite). Comme on le voit, PM Brest - quand la mer est haute à Brest - le courant (flèche bleue) est contre nous. Et il peut atteindre 3 noeuds. Et c'est de même tant que la mer baisse. La Manche se vide.
6 heures après la marée haute. A marée basse donc. On voit que la flèche c'est inversée. C'est le temps d'y aller. Tu as 6 voire 7 heures (le temps d'une marée) pour passer toute cette belle pointe sauvage de Bretagne. Et dépasser Portsall dans le haut. Il y a 35 miles à faire. Faisable avec ces courants qui en plus te poussent vers le haut.
Alors on sort la calculette et les tables des marées. Demain elle est haute à Brest à 9h00 et 21h00. On doit être à marée basse le plus près possible de la pointe du raz. Donc vers 3h00 du mat ou 15h00. Pas l'idéal mais ... on va choisir 15h00 coût donc. Donc le temps d'arriver près de notre pointe ... disons 2 à 3 heures de navigation ... on partira vers 12 13h00 quoi. Une matinée relaxe en quelque sorte. Mais ça veut dire être en mer jusqu'à 21 voire 22 heures. Pas mal tard ça. On verra ça demain en fonction de comment on avance.
12h00 et nous voila à traverser les îles des Glénans.
Bon comme on le voit sur cette photo. Le ciel a pas changé de couleur depuis notre départ. Et la mer est toujours plate. On a notre ciré sur le dos. C'est plus confortable de même. Alors les Glénans , c'est une des plus célèbre école de voile française. Les élèves viennent sur ces îles désolées apprendre à naviguer. On devine sur la gauche, les mâts de leurs bateaux. Pas un arbre en vue. Un tas de cailloux quoi. Balayé par les vents. Pi ça a pas l'air très haut. En hiver, les tempêtes doivent te lessiver ça d'un bord à l'autre. De toute façon il ne doit plus y avoir un chat la en cette saison. Je te dis pas les surprises qu'ils doivent avoir à chaque début de saison. Qu'elle a été le tribut payé à Neptune cet hiver? Surprises surprises ...
14h30. Ça y est la pointe de Penmarch est la sur notre droite.
Un petit vent nous accompagne depuis une petite heure. Et le ciel se dégage. Comme on va enfin mettre le clignotant à droite, on va s'essayer à la voile. Ce s'ra pas long. Encore un peu de patience. Notre anémomètre est en rade. On sait pas trop en fait le vent qu'on a. On verra bien à quelle vitesse on ira.
15h00. Go c'est parti. On est au près. Pas trop serré. Mais un peu juste pour sortir le spi. Et pi, belle surprise. On fait du 5 noeuds et plus de vitesse. Doit donc y avoir un 15 noeuds de vent. Voire plus. Ciel bleu. Mer belle avec une gentille petite houle. Un moment de voile parfait. Profitons en. On met Moricar de côté et on prend les choses en main. Super. Ça c'est de la voile plaisir.
17h30. On a bien avancé. Ça y est on entre au port.
Dur dur les manœuvres. Mais on va finir par se mettre à couple avec un autre bateau. Le port est plein. Pi ... après toutes ces émotions ... et quand même 9h00 de mer ... une petite bière en terasse ... ca fait pas de mal. Avant de s'attaquer au repas du soir. Ratatouille saucisses au menu à la table de Mojito. Tout le monde s'y met.
Un petit rouge avec ça? Un Saumur champigny ça vous va? Envoye donc. Un repas digne d'une bonne table non! Bon appétit.
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